L’éruption d’octobre 2010

Jeudi 9 décembre 2010, dans La Fournaise, un volcan actif

1.L’Éruption elle-même

L’éruption qui a commencée le 14 octobre 2010 est du même type que les trois dernières éruptions (Novembre, Décembre et Janvier).
Le 14 octobre à 19h10 le magma perce la surface de l’île, légèrement plus bas que le Cratère Château fort. Une fissure éruptive s’ouvre, émettant des fontaines de lave d’une vingtaine de mètres de haut. Rapidement quatre bouches éruptives, alignées vers la pente, se mettent en place et déversent des coulées de lave qui se rejoignent en une coulée unique.
Suite aux premières analyses des échantillons de lave, aux mesures des gaz et aux mesures de température, il est estimé que ce n’est pas du magma profond qui a jailli. Il proviendrait d’une chambre magmatique, qui se vidange peu à peu, située à deux kilomètres en dessous du sommet du Piton de la Fournaise (comme pour les trois précédentes éruptions).

Source : OVPF- conférence A. Di Muro
Autres renseignements , photos thermiques et caméra pointant sur l’éruption sur le site de l’Observatoire volcanologique

2.Et le Parc dans tout ça ?

Le Parc national de La Réunion a décidé de se mobiliser en fonction des besoins en renfort sur l’incendie du Maïdo, et les agents du secteur Est se sont ainsi relayés à compter du vendredi 15 octobre au matin sur le point de vue du Piton de Bert.
Leur objectif : apporter des explications aux visiteurs, et faire passer les messages de sensibilisation... Certains, rares heureusement, n’hésitant pas à allumer un feu pour se réchauffer, ou à jeter leur mégot de cigarette à terre sur une végétation risquant à chaque instant de s’enflammer.
Grâce à la longue vue que le Parc a installé, le public a pu, à sa manière, prendre un « bain de lave », et ceux qui avaient le courage de poursuivre un peu le sentier bénéficiaient de surcroit des bruits émis par les projections qui contribuent grandement à la mise en scène des phénomènes éruptifs. _A la veille de l’ouverture de l’enclos, le Parc était ainsi présent en continu de 7h à 21h, tandis que le parking de Foc-Foc a pu compter plus de 500 véhicules en même temps et les « pèlerins » étaient, dimanche dernier plus de 1500 à s’étirer en colonne jusqu’au point de vue du Piton de Bert.
Aujourd’hui, même si les visiteurs sont encore nombreux au Piton de Bert et à Chateaufort, c’est beaucoup plus calme.

3.Questions-réponses

Q : Il y a-t-il un risque d’incendie ici comme au Maïdo ?
R : Oui, on a le même type de végétation qu’au Maïdo. On a déjà éteint 3 petits départs de feu au niveau de la plateforme. Il faut donc faire très attention aux mégots de cigarette. Le bivouac est toléré cependant pas les feux de camp !

Q : Est-ce que la coulée de lave atteindra la mer ?
R : Tout dépend de la durée de l’éruption et du débit. Cependant, cette éruption a démarré très loin de la mer. Pour comparer, en 1998, l’éruption du cratère Kapor dura 6 mois et la coulée n’atteignit jamais la mer. Elle s’arrêta quelques mètres avant la route nationale, dans le Grand Brûlé.

Q : Qui sont les gens que l’on aperçoit à la jumelle au bord de l’éruption ?
R : Ce sont soit des scientifiques pour faire des prélèvements et mieux connaître ce volcan, soit des photographes professionnels disposant d’une autorisation préfectorale.

Q : Cela vaut-il vraiment le coup d’aller voir l’éruption de plus prêt ?
R : C’est beaucoup plus difficile (long), puisqu’il faut compter 6 à 8 heures aller-retour. Il faut s’équiper en conséquence et la randonnée n’est pas accessible à tous les publics. Mais bien sûr, on voit mieux, on entend mieux. A la différence du piton de Bert, on sent aussi la chaleur et l’odeur du soufre. L’adrénaline est présente et on se sent encore plus petit face à la nature. La coulée et la vision globale, en revanche, sont mieux perceptibles depuis le Piton de Bert qui reste un excellent point de vue à la tombée de la nuit.

Q : pourquoi ne puis-je pas ramener ces branches mortes de Branles pour décorer ma case ?
R : A cette altitude, la végétation pousse dans des conditions très difficiles (froid, chaud, vent, absence de sol décomposé). Aussi toutes les sources de matières organiques (la végétation morte qui se décompose) sont précieuses. Elles fournissent un abri pour les insectes, puis plus tard, des éléments minéraux pour alimenter les végétaux. Il nous faut respecter ce cycle fragile. Dans la nature et tout particulièrement en cœur de Parc.
C’est aussi pour cela qu’il faut rester sur le sentier et ne pas s’aventurer dans la végétation, car piétinée par des milliers de personnes comme c’est le risque ces jours-ci, elle ne résistera pas.
On ne laisse rien de son passage
On ne prend rien sur son passage
On profite de l’instant sans modération