Comprendre la situation de l’élevage dans le fond de la Rivière de l’Est

Mercredi 16 mai 2012, dans L’élevage bovin

Les données essentielles du dossier

Malgré la démarche menée dans les années 1980-90 pour sédentariser l’élevage bovin sur des secteurs dédiés (voir l’article relatif à l’histoire de l’élevage bovin à la Plaine des Cafres), un éleveur continue aujourd’hui à maintenir une partie de son troupeau (50 vaches environ et leurs petits) sur 1000 ha dans le fond de la Rivière de l’Est.

Dans les années 1990, il a pourtant obtenu près de 60 hectares dédiés à l’élevage à la Plaine-des-Cafres. L’ONF, gestionnaire du fond de la Rivière de l’Est, lui avait accordé une autorisation pour le maintien provisoire de 25 vaches maximum sur le site, le temps pour lui de terminer l’aménagement des terrains de la Plaine-des-Cafres. Ces derniers sont maintenant opérationnels depuis la fin des années 1990, mais ne suffisent plus pour accueillir l’ensemble des bêtes, puisqu’alors même qu’il savait devoir libérer le site du fond de la Rivière de l’Est, l’éleveur a plus que doublé la taille de son troupeau depuis 1995.

L’éleveur a sollicité en avril 2008 une autorisation du Parc national pour poursuivre son élevage "traditionnel" dans le fond de la Rivière de l’Est sur l’ensemble du site.

L’ensemble des acteurs concernés a convenu qu’il fallait approfondir les choses (connaissance fine des milieux, histoire, fonctionnement de l’exploitation actuelle). Une étude a donc été menée par le Parc national, en partenariat étroit avec l’éleveur, l’ONF, la Direction de l’Agriculture et de la Forêt (aujourd’hui DAAF), mais également de nombreuses personnes connaissant bien le site et son histoire, notamment l’Association pour la défense de l’élevage pastoral et son patrimoine (ASDEPP), attachée à la défense de cet élevage "patrimonial".

Les résultats ont été présentés et discutés. Il a été conclu que la valeur écologique des milieux, la réglementation et les responsabilités du Parc national sur ce site ne sont pas compatibles avec le maintien de l’activité en l’état. Cependant, pour prendre en compte la complexité de la situation et les réalités humaines, et afin de sortir de cette situation de blocage insatisfaisante pour tous, une solution transitoire a été proposée à l’éleveur, qui à l’heure actuelle refuse ce compromis.

Le Parc national hérite donc d’une situation ancienne et non réglée, pour laquelle une issue est aujourd’hui recherchée avec l’ensemble des partenaires et l’éleveur concernés. Elle doit répondre aux impératifs de conservation, sans occulter d’autres réalités sociétales.