14 octobre 2010 : Premières constations des dégâts au Piton Maïdo

Jeudi 14 octobre 2010, dans Année 2010

L’équipe de l’antenne Ouest du Parc national de La Réunion est chaque jour sur terrain pour estimer les dégâts causés par le feu aux habitats naturels des Hauts, entre le Maïdo et le Grand Bénare.

Même si la végétation éricoïde d’altitude du Piton Maïdo s’observe sur d’autres sommets de l’île (on en compte plusieurs milliers d’hectares répartis sur différents sites), plusieurs micro-habitats qui se trouvent également sur cette zone sont en danger. C’est particulièrement le cas des sophoraies, milieux naturels dominés par le Petit Tamarin des Hauts (Sophora denudata). Leur destruction serait une perte importante pour la biodiversité, car ces sophoraies se différencient au niveau floristique de celles que l’on peut trouver dans les autres régions de l’île.

On peut déjà également déplorer la destruction par les flammes d’une zone dans laquelle poussait une plante très rare, de la famille des composées.

Côté faune, plusieurs espèces rares sont menacées. Les habitats du lézard vert des hauts, répartis sur environ 1,5 km le long des rempart du Maïdo, ont ainsi été touchés à trois reprises par les flammes. Les pertes de cette population d’altitude, pour laquelle les études en cours indiquent qu’elle pourrait être unique au monde, sont estimées pour le moment à 2 % (sur une
population totale d’environ 600 individus).

Le jeu d’insectes attaché aux sophoraies du Maïdo, également spécifique, est menacé par la disparition de son habitat.

Les Pétrels de Barau, qui nichent dans les remparts autour du Grand Bénare, peuvent être des victimes collatérales de cet incendie. En effet, ces oiseaux, qui vont se nourrir en mer, sont susceptibles de passer au-dessus des zones en feu, lors de leur retour au nid pendant la nuit.

Attirés par les lumières, ils risquent de se jeter dans les flammes ou de se poser à proximité. Etant dans l’impossibilité de redécoller, ils sont également condamnés.