Des habitats naturels uniques au monde menacés

Vendredi 28 octobre 2011, dans Incendies 2011 Massif du Maïdo et Grande Chaloupe

Pour un oeil non averti, la végétation d’altitude du massif du Maïdo semble souvent assez peu variée. Le massif est en effet recouvert à 90 % par une végétation éricoïde. En cheminant sur les sentiers, on voit surtout des branles verts, parfois des tamarinaies dominées par les Tamarins des hauts (Acacia heterophylla), ou bien quelques fragments de sophoraies reconnaissables à la silhouette du Petit Tamarin des hauts (Sophora denudata).

Pourtant, les travaux menés par les botanistes, les naturalistes, le Conservatoire botanique national de Mascarin, ont montré que la plupart des espèces sont strictement endémiques de l’île de La Réunion. Elles s’assemblent pour constituer des habitats uniques au monde, parce que composés à 90 % d’endémiques.

En attendant la fin de l’incendie pour pouvoir établir un bilan précis des dégâts, les conseillers écologues et conseillers scientifique du Parc national se basent sur leur premières constatations de terrain, ainsi que sur des relevés cartographiques pour estimer l’importance des atteintes à la flore et à la faune.

Plusieurs espèces remarquables, dont certaines endémiques ont été touchées sur les différentes stations connues sur la zone. Certaines sont considérées comme gravement menacées d’extinction. C’est le cas notamment d’une fougère indigène (Pellaea quadripinnata) que l’on trouve uniquement sur la zone touchée par le feu.

Mais toutes ces plantes ne sont peut-être pas définitivement perdues. En effet, les parcelles de suivi qui ont été mises en place par le Parc national suite à l’incendie de 2010, ont montré qu’il y avait des possibilités de régénération à partir des graines ou des rejets de souches, en fonction de l’impact du feu.

Plusieurs espèces de fougères remarquables ont été brûlées par l’incendie, mais peut-être que la partie des plantes située dans le sol (leur rhizome) n’aura pas été détruite, ce qui permettrait à la plante de renaître. Mais cela à condition que les travaux de lutte contre l’Ajonc d’Europe, peste végétale qui colonise très rapidement les sols après les incendies, puissent être déjà programmés pour agir efficacement avant qu’elle envahisse l’espace.

A la Grande Chaloupe, l’incendie est désormais terminé. Environ 2 hectares, heureusement fortement composés d’espèces exotiques, ont été touchés en coeur du Parc national. Des relevés plus précis sont prévus dans les jours qui viennent afin d’établir un bilan précis des dégâts.