Présentation du projet Life+ pétrels

Jeudi 21 mai 2015, dans LIFE+ Pétrels

Carte d’identité des espèces concernées

La Réunion est une des rares îles tropicales au monde à héberger deux espèces de pétrels endémiques. Malheureusement, si rien n’est mis en place rapidement pour conserver ce patrimoine naturel, ces deux espèces risquent d’alourdir la triste liste des 13 espèces éteintes d’oiseaux sur l’île. Cette perte de biodiversité serait une catastrophe écologique locale, mais aussi mondiale, car une fois disparus, il sera trop tard pour agir.

Pétrel noir de bourbon, l’un des plus rares oiseaux au monde !

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Pétrel noir

Le Pétrel noir de Bourbon ou Timize, espèce endémique de l’île de La Réunion, figure depuis 1994 sur la liste rouge des espèces « en danger critique d’extinction » au niveau mondial. Il n’existe que 4 espèces de ce genre Pseudobulweria sur la planète, et notre île accueille les derniers survivants de cette espèce unique.

La préservation du Pétrel noir souffre d’un grand manque de connaissance de l’espèce. Aucun site de reproduction n’a encore été trouvé à ce jour et et sa biologie, comme ses besoins écologiques, sont, de ce fait, très mal connus. Les prospections nocturnes ont permis de localiser des versants de remparts dans le secteur de Grand-Bassin (Communes de L’Entre-Deux et Le Tampon) où des oiseaux sont entendus pendant la période de reproduction, ce qui laisse penser que ces falaises sont favorables à la nidification. Mais l’inaccessibilité des sites et les mœurs nocturnes de l’espèce rendent les recherches très difficiles. Les habitants interrogés dans cette région de l’île reconnaissent les enregistrements de la Timize, ce qui confirme sa présence (Riethmuller et al. 2003). Selon eux, les oiseaux étaient plus fréquents il y a 20 ans.Cet oiseau parcoure chaque jour des centaines de kilomètres en mer, et installe son nid en haute montagne à parfois à plus de 3000 mètres d’altitudes, il y pond un œuf unique au fond d’un terrier creusé à la force de ses pattes palmées.

L’espèce est protégée à la Réunion depuis 1989 (Arrêté interministériel du 17 février 1989), et sa population est estimée à moins de 40 couples, au bord de l’extinction.

Pétrel de Barau

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Pétrel de Barau
(c) Martin Riethmuller

Le Pétrel de Barau est aussi endémique de notre île. Comme toutes les espèces du genre Pterodroma, il est menacé d’extinction. C’est principalement les mammifères introduits (chats et rats), ainsi que l’urbanisation croissante de la Réunion, qui font diminuer sérieusement la population.

Le Pétrel de Barau classé en danger d’extinction. L’espèce est protégée à la Réunion depuis 1989 (Arrêté interministériel du 17 février 1989), et sa population est estimée entre 6000 et 8000 couples. Les colonies de reproduction sont situées dans des zones très difficiles d’accès, localisées dans les plus hauts remparts de l’île. Cet oiseau parcoure chaque jour des centaines de kilomètres en mer, et installe son nid en haute montagne à parfois à plus de 3000 mètres d’altitudes, il y pond un œuf unique au fond d’un terrier creusé à la force de ses pattes palmées.

Contexte

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Les écosystèmes et les espèces insulaires sont extrêmement fragiles et menacés de dégradation et de disparition, notamment par les espèces introduites, l’utilisation et la dégradation des habitats et le changement climatique. Les invasions biologiques sont la deuxième cause de perte de biodiversité à l’échelle mondiale, et la première cause dans les écosystèmes insulaires. Depuis 400 ans, les espèces sur les îles ont été 40 fois plus vulnérables aux extinctions que celles des continents (IUCN, 2010).

Les animaux insulaires ont évolué en absence de fortes pressions de prédation et de compétition, ce qui les rend plus vulnérables face aux prédateurs introduits. De plus, les forts taux d’endémisme sur les îles contribuent à un risque d’extinction plus élevé, d’autant plus que les îles, qui représentent 3% de la surface du globe, abritent 45% des espèces d’oiseaux, de plantes et de reptiles. Ainsi, depuis 1600, les îles ont été le siège de la majorité des extinctions d’espèces animales connues : i.e. 93% des 176 taxons d’oiseaux et 81% des espèces de mammifères éteintes vivaient dans sur des îles.

La Réunion fait partie d’un des points chauds de la biodiversité mondiale, mais le taux d’extinction des oiseaux y dépasse 50% (au moins 18 espèces connues), et plusieurs espèces y sont menacées.

Parmi les éléments remarquables de la biodiversité réunionnaise, six espèces d’oiseaux marins (toutes protégées) se reproduisent sur l’île. Les oiseaux marins font partie du groupe des oiseaux qui a subi la plus forte diminution de leurs effectifs depuis les 20 dernières années (Birdlife International, 2010). Au niveau mondial, près de 47% des espèces de pétrels, puffins et albatros sont menacées d’extinction. Toutes ces extinctions ou réductions drastiques ont été provoquées essentiellement par l’installation de l’homme sur ces îles.

Présentation du programme LIFE+ Pétrels

L’Union européenne (UE) a adopté une stratégie pour protéger et améliorer l’état de la biodiversité. Devant la crise mondiale de perte de biodiversité, un des objectifs de l’UE et d’enrayer cette érosion d’ici 2020. La Réunion, faisant partie d’un des points chauds de la biodiversité, et accueillant deux espèces de Pétrels endémiques et menacés d’extinction, a la responsabilité de participer activement à cette stratégie.

En cohérence avec l’enjeu d’inverser la tendance à la perte de la biodiversité (enjeu majeur de la Charte de territoire approuvé en 2014), le Parc national a construit ce projet ambitieux, en étroite collaboration avec la Société d’Études Ornithologiques de la Réunion (SEOR), l’Université, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), l’État et le Conseil Général.

D’un montant de plus de 3 millions, financé à 50 % par l’Europe, ce programme LIFE+ vise à développer et mettre en œuvre des stratégies et des outils de conservation appropriés, démonstratifs et innovants, sur l’ensemble du territoire de la Réunion.

A travers le programme LIFE+ Pétrel, des actions de conservation d’envergure vont être menées afin de poursuivre ces démarches menées en faveur du Pétrel de Barau, et de percer le mystère du Pétrel noir de Bourbon, espèce énigmatique avec des sites de nidification encore totalement inconnus.

Ce programme LIFE+ permettra ainsi de réunir l’ensemble des acteurs et usagers de l’île pour sauver ces espèces au bord de l’extinction, fortement menacées par l’urbanisation grandissante, la prédation par les prédateurs introduits et la pollution lumineuse des villes.

Consultez la fiche récapitulative du projet

Consultez la présentation en anglais sur le site de la Commission Européenne.

Enjeux et objectifs du programme

Le Pétrel de Barau et le Pétrel noir font l’objet respectivement d’un Plan national d’actions (PNA Pétrel noir, 2012) et d’un Plan de Conservation (PDC Pétrel de Barau, 2008), qui ont identifié les principales menaces pesant sur ces espèces et les actions de conservation nécessaires pour leur conservation. Cependant, ces documents de planification ne garantissent pas la mise en œuvre des actions.

Enrayer la perte de la biodiversité et éviter l’extinction de deux espèces patrimoniales sur notre île sont les enjeux majeurs de ce projet, en mettant en place une stratégie de conservation concertée et régional avec tous les acteurs locaux.

Ces actions innovantes permettront de limiter le déclin des pétrels, d’apporter de nouvelles connaissances et de communiquer localement et internationalement, augmentant le rayonnement de La Réunion au niveau mondial.

De plus, la grande majorité des actions (lutte contre les prédateurs, réduction des menaces liées à l’urbanisation) bénéficieront aussi à beaucoup d’autres espèces endémiques ou indigènes (animales et végétales), non ciblées par notre projet mais pour lesquelles les deux pétrels pourront jouer le rôle « d’espèces parapluies ».

Des partenaires déjà investis sur ces thématiques, avant le projet LIFE+, travaillent depuis longtemps ensemble. Aujourd’hui ces structures sont fédérées afin d’unir leur force pour la préservation des 2 espèces de Pétrels et en particulier du Pétrel noir de Bourbon.

La conservation de la biodiversité nécessite l’implication de tous, mais aussi le développement de moyens modernes et adaptés. À la Réunion, le contexte insulaire, la diversité des habitats et le relief extrêmement montagneux de l’île, lui confère un caractère extraordinaire et unique. Cependant, ces mêmes critères contraignent énormément l’utilisation d’outils de conservation classiques, et la recherche et l’innovation, sont indispensables pour envisager des actions de conservation cohérentes et durables.

Des innovations réglementaires devront aussi être mises en place, en particulier concernant la lutte contre les prédateurs introduits.

+ d’infos

 : www.petrels.re

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Découvrez ce projet en images :
https://vimeo.com/130194568